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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/129

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L’INDIFFÉRENT


Dès qu’il est entré dans ma chambre, quel qu’il soit (cela importe-t-il ?) : « Vois, dis-je à l’esclave, quel bel homme ! et qu’une courtisane est heureuse ! »


Je le déclare Adônis, Arès ou Héraklès selon son visage, ou le Vieillard des Mers, si ses cheveux sont de pâle argent. Et alors, quels dédains pour la jeunesse légère !


« Ah ! fais-je, si je n’avais pas demain à payer mon fleuriste et mon orfèvre, comme j’aimerais à te dire : Je ne veux pas de ton or ! Je suis ta servante passionnée ! »


Puis, quand il a refermé ses bras sous mes épaules, je vois un batelier du port passer comme une image divine sur le ciel étoilé de mes paupières transparentes.