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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/121

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LES PRÊTRESSES DE L’ASTARTÉ


Les prêtresses de l’Astarté font l’amour au lever de la lune ; puis elles se relèvent et se baignent dans un bassin vaste aux margelles d’argent.


De leurs doigts recourbés, elles peignent leurs chevelures, et leurs mains teintes de pourpre, mêlées à leurs boucles noires, semblent des branches de corail dans une mer sombre et flottante.


Elles ne s’épilent jamais, pour que le triangle de la déesse marque leur ventre comme un temple ; mais elles se teignent au pinceau et se parfument profondément.


Les prêtresses de l’Astarté font l’amour au coucher de la lune ; puis dans une salle de tapis où brûle une haute lampe d’or, elles se couchent au hasard.