Ouvrir le menu principal

Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/118

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




HYMNE À LA NUIT


Les masses noires des arbres ne bougent pas plus que des montagnes. Les étoiles emplissent un ciel immense. Un air chaud comme un souffle humain caresse mes yeux et mes joues.


Ô Nuit qui enfantas les Dieux ! comme tu es douce sur mes lèvres ! comme tu es chaude dans mes cheveux ! comme tu entres en moi ce soir, et comme je me sens grosse de tout ton printemps !


Les fleurs qui vont fleurir vont toutes naître de moi. Le vent qui respire est mon haleine. Le parfum qui passe est mon désir. Toutes les étoiles sont dans mes yeux.


Ta voix, est-ce le bruit de la mer, est-ce le silence de la plaine ? Ta voix, je ne la comprends pas, mais elle me jette la tête aux pieds et mes larmes lavent mes deux mains.