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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/102

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LE SILENCE DE MNASIDIKA


Elle avait ri toute la journée, et même elle s’était un peu moquée de moi. Elle avait refusé de m’obéir, devant plusieurs femmes étrangères.


Quand nous sommes rentrées, j’ai affecté de ne pas lui parler, et comme elle se jetait à mon cou, en disant : « Tu es fâchée ? » je lui ai dit :


« Ah ! tu n’es plus comme autrefois, tu n’es plus comme le premier jour. Je ne te reconnais plus, Mnasidika. » Elle ne m’a rien répondu ;


Mais elle a mis tous ses bijoux qu’elle ne portait plus depuis longtemps, et la même robe jaune brodée de bleu que le jour de notre rencontre.