Page:Loti - Roman d’un enfant, éd. 1895.djvu/287

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LXXI


Un jour, l’idée me vint même, par saugrenuité, par bravade, par je ne sais quoi, de faire une chose extrêmement malpropre. Et, après avoir cherché toute une matinée ce que ce pourrait bien être, je trouvai.

On sait les nuées de mouches qu’il y a, les étés, dans le Midi, souillant tout, en vrai fléau. Au milieu de la cuisine de la maison de mon oncle, je connaissais un piège qui leur était tendu, une sorte de gargoulette traîtresse, d’une forme spéciale, au fond de laquelle toutes venaient infailliblement trouver la mort dans de l’eau de savon. Or, ce jour-là, j’avisai au fond de ce vase une horrible masse noirâtre, qui représentait des milliers de mouches, toute la noyade des deux ou trois jours précédents, et je son-