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L'Air et la Vitesse


droites parallèles à l’axe des vitesses, constituant le diagramme des efforts pratiques et affectant la forme d’un escalier dont les sommets de marches sont sur l’hyperbole et dont le nombre de marches est le nombre de combinaisons que comporte la boîte des vitesses.

C’est une solution approchée, empirique, qui donne de bons résultats pratiques, mais qui ne satisfait pas l’esprit amateur de solutions élégantes. Aussi combien d’inventeurs ont-ils cherché le changement de vitesse progressif pratique, qui est encore à trouver, la solution électrique, asses séduisante, ayant elle-même fait plus ou moins faillite.

Tout ceci est relatif à la traction en prenant appui sut terre. Voyons, maintenant, ce qu’il advient, lorsqu’on prend appui sur un fluide, tel que l’air.

L’organe de propulsion habituellement employé est l’hélice, généralement calée sur l’arbre moteur.

Le diagramme des efforts de traction de l’hélice en fonction des vitesses a été étudié théoriquement et par l’expérience. Ce n’est plus une hyperbole, ni un escalier, mais une simple ligne droite, Oblique, descendant vers l’axe des vitesses qu’elle rencontre. Le point sur l’axe des ordonnées, pour lequel la vitesse de translation est nulle, correspond au travail de l’hélice au point fixe. À mesure que la vitesse de translation prend une valeur de plus en plus grande, l’effort développé par l’hélice diminue, la théorie et la pratique le démontrent (en supposant que le régime des vitesses de rotation reste sensiblement constant) ; la courbe s’infléchit vers l’axe des vitesses, avec l’allure d’une droite et vient couper cet axe en un point qui correspond à une poussée nulle. Pour ce point, la vitesse de déplacement du véhiculé est précisément ce crue l’on appelle le déplacement de l’hélice, ou produit du pas par la vitesse de rotation ; c’est la vitesse du flux gazeux que souffle l’hélice et qui donne la poussée. Dans ces conditions, la vitesse absolue des molécules d’air