Page:London - L'homme aux léopards, trad Postif, paru dans l'Intransigeant du 25-10-1933.djvu/11

Cette page a été validée par deux contributeurs.

« En passant près de la tente d’habillage, l’idée me vint de regarder par un trou pour voir si mon homme s’y trouvait. Il n’y était pas, mais juste devant moi j’aperçus le roi Wallace, en maillot, attendant son tour de paraître dans sa cage aux lions. Il se divertissait fort au spectacle d’une dispute entre deux trapézistes. Dans la tente tous les artistes faisaient comme lui, à l’exception de Deville. Celui-ci toisait Wallace avec une expression de haine non dissimulée. Mais Wallace et les autres, trop occupés à suivre la querelle, ne s’aperçurent de rien.

« Et voici la scène dont je fus témoin en glissant mon œil par le trou de la toile.

« Deville tira son mouchoir de sa poche, esquissa le geste de s’éponger le visage —  il faisait chaud  — et en même temps passa derrière Wallace. Sans s’arrêter, il agita son mouchoir, puis se dirigea droit vers la porte. Avant de sortir, il tourna la tête et jeta en arrière un rapide coup d’œil. Son regard m’impressionna car j’y lus non seulement la haine, mais encore le triomphe.

« Il faudra ouvrir l’œil sur ce gaillard-là, me dis-je, et en réalité je respirai plus à l’aise quand je vis Deville quitter les dépendances du cirque et sauter dans un tram allant vers la ville.