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BELLIOU-LA-FUMÉE

Éveillé par le son de sa voix, il s’aperçut qu’elle lui parlait depuis quelques instants.

« Ainsi, vous le voyez, Arizona Bill est un Indien blanc, disait-elle, et le gros Olaf est… un tombeur d’ours, un roi des neiges, un puissant sauvage. Il peut aller plus vite et marcher plus longtemps qu’un Indien, et il n’a jamais connu d’autre vie que celle du Wild et du gel.

— Qui ça ? demanda le capitaine Consadine de l’autre côté de la table.

— Le gros Olaf, répondit-elle. Je disais à M. Belliou quel intrépide voyageur est cet homme-là.

— Vous avez raison, résonna la voix du capitaine. Le gros Olaf est le plus grand voyageur du Yukon. Je parierais pour lui contre le diable en personne quand il s’agit de franchir des neiges et de voyager sur la glace. C’est lui qui apporta les dépêches du Gouvernement en 1895, après que deux courriers eurent été gelés sur le Chilcoot et un troisième noyé dans les eaux du Thirty Mile. »

III

La Fumée s’était rendu sans hâte à la rivière Mono, pour éviter de fatiguer ses chiens avant la grande course, en même temps que pour se familiariser avec les moindres particularités de la piste et fixer l’emplacement de ses étapes. Un tel nombre de concurrents se préparaient, que le parcours de cent soixante-seize kilomètres ressemblait à une rue de village, interminable, bordée de campements de relais d’un bout à l’autre.