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BELLIOU-LA-FUMÉE

Demain matin, comme mon ami le Courtaud, je m’éveillerai et saurai que tout cela n’est qu’un rêve. La dernière fois que je vous ai vue sur la rivière Squaw…

— Je n’étais qu’une squaw, interrompit-elle.

— Ce n’est pas ce que j’allais dire. Je me rappelais que vous aviez des jambes.

− Et moi, je n’oublierai jamais que je vous suis redevable de me les avoir conservées, dit-elle. Depuis lors je désirais tout le temps vous voir pour vous remercier. »

Il leva les épaules comme pour demander grâce.

« Et c’est pourquoi vous êtes ici ce soir, ajouta-t-elle.

− Est-ce vous qui avez demandé au colonel de m’inviter ?

− Non, j’ai demandé à Mme Bowie. Et je l’ai priée de vous placer près de moi à table. Et voici pour moi l’occasion cherchée. Tout le monde bavarde. Écoutez-moi, et ne m’interrompez pas. Vous connaissez la rivière Mono ?

— Oui.

— On s’est aperçu qu’elle était riche en or, immensément riche. On estime chaque concession à un million de dollars et plus. Le lotissement n’a eu lieu que tout récemment.

— Je me souviens de la ruée.

— Eh bien, toute la rivière a été délimitée jusqu’aux crêtes, et les affluents également. Néanmoins, au moment où je vous parle, le lot numéro trois, au-dessous de celui de la Découverte sur la rivière principale, se trouve encore sans propriétaire. La rivière est si loin de Dawson que le commissaire a accordé pour l’enregistrement un délai de soixante jours après la concession. Tous les lots ont été enregistrés, excepté