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AUTOUR D’UNE AUBERGE

Croyez-vous qu’il ne serait pas préférable que le Conseil prélève une taxe de 50 centins de plus pour nous débarrasser de cette auberge, qui, d’ailleurs, cause tant de maux ? Comment qualifier la dégradation de la jeunesse ? Comment ne pas être indignés des scènes qui se passent tous les huit ou quinze jours lorsque M. Sellier paie ses hommes au moulin ! Il faudrait manquer de cœur et de tout sentiment chrétien pour permettre ainsi que la paroisse souffrît plus longtemps cet état de choses. Je fais appel, mes chers collègues, à vos sentiments de pères de famille, à votre titre de Canadiens français, pour que vous rejetiez avec dégoût cette nouvelle demande. La paroisse le désire, n’est-ce pas ?

— Oui ! Oui ! crièrent plusieurs voix. Pas de licence ! La prohibition !

M. de Verneuil termina son discours au milieu des applaudissements.

Rougeaud eut toutes les peines du monde à rétablir le calme. Labouteille se leva et répliqua :

— Messieurs, ne vous laissez pas influencer par ce que vient de vous débiter M. de Verneuil. Nous allons prendre le vote ; que pensent MM. Boisleau et l’Ami ? Boisleau se contenta de dire :

— Pour moi, je pense que M. de Verneuil a raison.

L’Ami, à son tour, allait prendre la parole lorsque Rougeaud le prévint et lui dit :

— Proposez donc de renvoyer la discussion à dix