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CLXVII

sie était tombée si bas, qu’on voyait souvent des artisans illettrés, des gens sans aveu, composer hardiment des comédies, des farces que l’on représentait, et des vers de toute mesure ou plutôt sans mesure, ni rime, ni raison, tels que pouvaient en produire des esprits incultes et bornés incapaces y menguados, pour emprunter ses propres expressions. Cervantes s’est souvenu de ces poëtes et rimailleurs de bas étage, et il les a placés dans le cortége de cette poésie ignoble et vagabonde qui hante la taverne et les maisons de débauche.

Il n’a rien oublié ; il n’a rien exagéré ; et ici comme ailleurs, il a suivi à la lettre le principe qu’il a posé lui-même en maints passages de ses écrits, et d’après lequel la vraisemblance ne doit jamais manquer aux fictions. Il a répété le même précepte dans ce même poëme, où l’on trouvera un résumé de son Credo littéraire, qu’il est inutile de reproduire ici, notre but n’étant pas de résumer ni d’analyser le Voyage au Parnasse, mais uniquement de préparer le lecteur à l’intelligence d’une œuvre qui renferme de grandes vérités sous sa forme plaisante, et qui est au fond un tableau très-ressemblant et très-animé de la littérature contemporaine de Cervantes. La table des auteurs cités dans le Voyage, aussi complète et étendue que nous

    adornado dos claustros y el cuerpo de la Iglésia con los mas cultos al parecer, sobráron con que llenar los de otros cien monasterios. » Pasagero, Alivio 3.