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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/91

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L’ÉPOUVANTE

la nuit, et, pendant une seconde, tant le contraste était violent entre les deux aspects de cette rue, Coche se demanda s’il n’avait pas rêvé, si tout cela n’était pas un cauchemar. Il était plus de huit heures. Depuis longtemps, bien des gens avaient acheté le Monde, et personne ne semblait soupçonner le drame. Un gendarme qui remontait vers l’avenue lisait précisément le journal à la page où figurait la nouvelle. Coche pensa : « Ou bien j’ai rêvé toute cette histoire, ou bien il va voir, et alors, il s’arrêtera. »

Mais le gendarme passa son chemin.

— Voyons, voyons, murmura Coche, je ne suis pas fou ; je ne divague pas. Ce qui existe dans ma pensée a bien existé réellement. J’ai bien longé ce trottoir cette nuit ; je suis bien entré dans un jardin, j’ai bien vu un homme égorgé sur son lit ; j’ai…

Il appuya sa main sur son front et ressentit près de la tempe une douleur assez vive. Il regarda sa main : un peu de sang rougissait le bout de ses doigts.

Alors, ce qui semblait obscur et confus se précisa. Il se souvint de la chute qu’il avait faite