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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/83

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L’ÉPOUVANTE

Maintenant, il allait pouvoir jouer la partie à sa façon.

Tout en réfléchissant, il s’habillait. Comme il faisait froid dans la chambre sans feu, il prit une chemise de flanelle, des vêtements épais, et un gros pardessus d’automobile. Le chapeau sur la tête, il tâta ses poches, sentit ses clefs, son portefeuille, son bloc-notes et son stylographe. Il n’oubliait rien. En passant devant la loge du concierge, il demanda le cordon, et entendit une voix ensommeillée qui grognait derrière la vitre :

— Ça va bientôt finir cette nuit ?…

Un cocher maraudait. Il le héla, donna l’adresse du Monde, et de nouveau, se prit à réfléchir.

La seule attitude possible était, pour le journal, celle de l’ignorance absolue. Un peu de mauvaise volonté même ne serait pas inutile. Une incrédulité à peine dissimulée ne messiérait point. De la sorte, il ôtait par avance tout soupçon, et laissait au secrétaire de la rédaction l’orgueil d’avoir vu juste. Il connaissait trop bien les hommes en général, et les journalistes en particulier, pour négliger cette vérité que, pour