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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/69

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L’ÉPOUVANTE

celle de l’employé du Central qui demandait un numéro.

— Allô ! Allô ! fit Coche… laissez-nous, Monsieur, retirez-vous… Je cause… Allô !Le Monde ?… Oui ? Je voudrais parler au secrétaire de la rédaction.

— Ce n’est pas possible, il est à la composition, et on ne peut pas le déranger.

— C’est tout à fait urgent.

— Je vais voir, mais de la part de qui ?…

— Diable, pensa Coche, je n’avais pas songé à cela. Mais il n’hésita pas :

— De la part du Directeur, Monsieur Chénard.

— C’est différent, Monsieur… Je vais prévenir. Ne quittez pas…

Par le téléphone arrivaient assourdis et mêlés, les bruits confus du journal : un vague ronflement, un froissement de papiers, tous les murmures que Coche connaissait bien pour les entendre depuis dix ans, toutes les nuits, à la même heure, lorsque, son service fini, il s’apprêtait à rentrer se coucher.

— Monsieur Chénard ? fit le secrétaire de la rédaction un peu essoufflé…