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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/66

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L’ÉPOUVANTE

valeur, que dès l’instant où il détient une parcelle du mystère qui l’entoure. Mais, quelle lourde charge aussi, qu’un secret ! De quel poids il pèse sur les épaules, et quelle tentation ne doit-on pas éprouver à tout instant de crier :

« Vous ignorez tous ! Moi je sais. »

Plus d’une fois, en plein jour, il traverserait le boulevard Lannes, et s’offrirait cette satisfaction, voyant des gens passer, devant la maison du crime, de lever les yeux et de se dire :

« Derrière ces volets clos, il y a un homme assassiné. »

Et il songeait encore :

« Je n’aurais, pour affoler de curiosité tous ces êtres qui vont et viennent autour de moi, qu’à dire un mot… Ce mot, je ne le dirai pas. Je dois m’en remettre au hasard. Il m’a fait sortir de chez mon ami à l’heure qu’il fallait pour que je pusse connaître ces choses : il fixera la seconde précise où tout se découvrira. »

Tout en réfléchissant, il arriva devant un café. À travers la glace embuée, il distingua des hommes en train de jouer aux cartes, et, assise au comptoir la caissière assoupie. Un chat, couché