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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/63

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L’ÉPOUVANTE

loin, un chien se mit à hurler à la lune. Soudain le silence se remplit d’une tristesse infinie. Coche se souvint d’une vieille servante qui jadis lui disait, lorsque les chiens, dans la campagne, pleuraient ainsi :

« C’est pour prévenir saint Pierre que l’âme d’un trépassé va frapper à la porte du paradis. »

Magie des souvenirs ! Éternelle enfance des hommes. Il frissonna en évoquant le temps où tout petit, il cachait sa tête sous les draps pour ne pas entendre les grandes plaintes inconnues qui, la nuit, traversent les jardins, et retrouva pendant une seconde la douceur du baiser maternel tant de fois posé sur son front.

Puis tout se tut. Il consulta sa montre, elle marquait une heure du matin. Une dernière fois, il regarda la maison où il venait de vivre des minutes extraordinaires, revint jusqu’à la grille, écarta du bout de sa canne le lierre qui recouvrait le numéro et lut : 29.

Il répéta deux fois 2 ; 9 ! 2 ; 9, additionna les chiffres pour avoir un moyen mécanique de les retrouver, redit et , chercha dans sa mémoire si quelque chiffre bien connu ne coïncidait