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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/62

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L’ÉPOUVANTE

autres se collèrent au tapis. Pour être sûr qu’on ne les prendrait pas pour des débris de lettres appartenant à la victime, il ramassa les autres papiers épars, les plaça dans les tiroirs qu’il referma. Après quoi, ayant jeté un dernier coup d’œil circulaire autour de la pièce pour s’assurer qu’il n’oubliait rien, il enfila son pardessus, lissa son chapeau d’un revers de manche, étendit deux des serviettes de toilette maculées sur la face du mort, dont les yeux, à présent vitreux et un peu aplatis, n’avaient plus de regard, éteignit l’électricité, sortit de la pièce, traversa le corridor à pas de loup, descendit l’escalier, et gagna le jardin.

Il eut soin en traversant l’allée, d’effacer tout à fait les traces de pas déjà brouillées par le vent, étala sur elles le sable jaune, et, marchant avec précaution, un de ses pieds seulement portant sur le sable, et l’autre sur la terre durcie d’une plate-bande, parvint à la porte, l’ouvrit, la referma, et se trouva enfin sur le trottoir. Des ombres immobiles s’étalaient tout le long du chemin. La nuit immense, impénétrable et douce était sans un murmure, sans parfum. Loin, très