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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/50

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L’ÉPOUVANTE

combats effroyables, qui jettent les êtres les uns contre les autres, depuis que le monde est monde et qu’il faut conquérir la proie de chaque jour. N’est-ce pas à ce jeu terrible que l’enfant demande ses premières joies ? Sans le savoir, jouant à cache-cache, il s’apprend à jouer à la vraie guerre d’embuscade, cette guerre de partisan qui use les armées plus sûrement que vingt batailles…

Le problème se résume ainsi : À la recherche de sensations nouvelles, dois-je préférer le rôle de chasseur à celui du gibier ? le rôle du policier à celui du criminel ? Cent autres avant moi se sont faits policiers amateurs, mais nul ne s’est essayé dans le rôle du coupable. Je le choisis. Sans doute, n’ayant rien à me reprocher, j’en ignorerai les angoisses réelles, mais il me restera tous les plaisirs de la ruse. Joueur au portefeuille vide, je saurai du moins suivre sur le visage de mon partenaire les émotions de la partie. Ne risquant rien, je n’aurai rien à perdre, mais, au contraire, tout à gagner. Et si le bienheureux hasard veut qu’on m’arrête, journaliste avant tout, je devrai à la police le repor-