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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/42

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L’ÉPOUVANTE

regardait deux petites images à peine voilées qui étaient son image. Pour la dernière fois, le miroir de ces yeux sur qui avaient passé les visages des meurtriers réfléchissaient une face humaine. La mort avait fait son œuvre, le cœur avait cessé de battre, les oreilles d’entendre, le dernier cri avait roulé entre ces lèvres retroussées, le dernier râle avait buté contre la barrière de ces dents couvertes d’écume… cette chair encore tiède ne tressaillerait plus jamais, ni sous la caresse d’un baiser, ni sous la morsure du mal.

Brusquement, entre ce mort et lui, une autre image se dressa : celle du trio du boulevard Lannes. Il revit le petit homme au paquet bleu, le blessé avec son œil tuméfié, sa mâchoire de brute, et la fille en cheveux. Il entendit la voix brève et canaille qui disait : « Ça se lave, ça s’essuie pas ». Et le drame lui apparut terriblement clair, tandis que la femme faisait le guet, les deux hommes, après avoir crocheté les serrures, étaient montés au premier étage, où ils savaient trouver des valeurs. Le vieux, surpris dans son sommeil, avait crié, et les hommes