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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/40

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L’ÉPOUVANTE

son front où perlaient des gouttes de sueur, près de sa tempe droite que rayait un filet de sang, une tache rouge apparaissait.

Tout d’abord, ne se souvenant pas du choc qu’il avait ressenti en poussant la porte, il crut que la tache était sur la glace et non sur lui. Il inclina la tête de côté : la tache se déplaça avec lui. Alors, il eut peur vraiment, horriblement. Non plus la peur de la mort, du silence et du meurtre, mais la peur obscure, insoupçonnée, d’une chose surnaturelle, d’une folie soudaine éclose en lui. Il se rua vers la cheminée et, les deux mains crispées au marbre, la face tendue, se regarda. Il respira plus librement. Avec la vision précise de la blessure, sa mémoire était revenue. Il sentit la douleur de sa chair meurtrie, et se réjouit presque d’avoir mal. Il prit son mouchoir, épongea le sang qui avait coulé jusque sur sa joue et son col. La déchirure était insignifiante : une section nette de deux centimètres environ qui avait beaucoup saigné comme saignent toutes les plaies de la face et qu’entourait une zone contusionnée d’un rosé violacé à peine plus large qu’une pièce de quarante sous. À cet