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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/36

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L’ÉPOUVANTE

et, une autre bande un peu plus sombre qui devait être le boulevard. Il ne s’attarda point à goûter le charme du clair de lune et du ciel piqué d’étoiles. Rien ne convenait moins à sa nature violente, à son tempérament de combat, que le silence, les gestes lents et les précautions sans fin. Tour à tour il avait été patient, sournois, timide, presque poltron… Mais tout a une fin : il était entré dans cette maison pour savoir : il saurait.

Il fit donc demi-tour, plaqua sa main sur la muraille, et ayant rencontré sous ses doigts une porte, en saisit le bouton, le tira à lui, afin qu’on ne pût l’ouvrir sans effort de l’intérieur et cria, plutôt qu’il ne dit :

« Pour Dieu ! n’ayez pas peur et ne tirez pas ! »

Il compta jusqu’à trois et ne recevant pas de réponse, ouvrit violemment. Il s’attendait à éprouver de la résistance : au contraire, emporté par son élan il tomba la face en avant, et se heurta le front. Dans le geste qu’il fit pour se retenir, il accrocha une chaise qui bascula sur le plancher avec un grand bruit.

— Cette fois, se dit-il, avec un vacarme pareil, on va m’entendre, enfin !…