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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/298

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L’ÉPOUVANTE

je sache. J’ai besoin de savoir. Et l’aumônier l’ayant regardé bien en face répondit :

« Non, mon enfant, je ne signerais pas, il faut payer… »

Chose étrange, cette réponse le calma presque. La pire torture de son existence était le doute. Il n’osait se préparer à mourir, craignant d’attirer la mauvaise chance sur lui. Maintenant, c’était fini, il se considérait comme mort et s’imaginait qu’ainsi prévenu il saurait mieux résister à l’épouvante du réveil. Pourtant à mesure que la date fatale approchait, ses nuits se peuplaient de cauchemars. Il se dressait sur son lit au moindre bruit, collait l’oreille au mur, essayant de deviner ce qui se passait dans la rue, sur la place. Et quand le jour était venu, quand il était sûr que ce n’était pas pour ce matin, il s’endormait d’un sommeil coupé de soupirs et de sanglots…

Vers la fin de la quarante-troisième nuit, il crut percevoir une vague rumeur, des bruits de maillet frappant le bois, des pas assourdis. Il se mit à claquer des dents, n’osant plus écouter, redoutant d’entendre, les yeux rivés à la porte de sa cellule, attendant la seconde effroyable où elle