Ouvrir le menu principal

Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/293

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
288
L’ÉPOUVANTE

de la nuit ? Non pas… des hommes étaient là devant lui !… Enfin ! il n’allait plus être plus seul avec son épouvante… il allait coudoyer des êtres vivants… les frôler… Il tendit l’oreille… Une voix brève domina le bruit… un cliquetis, rapide comme celui que fait un coup de vent parmi les feuilles sèches… une blancheur descendit dans le ciel plus léger, finie l’angoisse de la nuit, l’horrible solitude… sa poitrine s’appuyait contre d’autres poitrines… À ce moment la vague s’ouvrit, comme pour lui livrer passage… il s’avança, et tout d’un coup tomba sur les genoux : dans sa terreur il n’avait pas vu où sa fuite l’amenait, et devant lui venait de surgir, goule effroyable, avec ses deux grands bras dressés dans le ciel pâle… la Guillotine !…

Coche s’éveilla en poussant un cri… Pendant une seconde, il retrouva la joie du réveil qui brise les cauchemars, mais aussitôt la réalité, plus effroyable que le rêve, reprit :

La Guillotine ! le couteau blanc, et le panier où bondissent les têtes… il verrait cela ! Il mordit ses draps pour ne pas hurler… Adieu les nuits paisibles, les jours calmes ! Entre tout ce qu’il