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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/291

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L’ÉPOUVANTE

Il sentit qu’on l’emmenait, qu’une main serrait sa main… il se trouva sur son lit, dans sa cellule, sans savoir comment ni pourquoi, et il s’endormit d’un sommeil de brute.

Or, pendant la nuit, il eut un effrayant cauchemar :

Il venait d’assassiner le vieux du boulevard Lannes. Il gagnait la porte en rampant, descendait l’escalier et se trouvait dans la rue.

Dehors, sous la bise coupante, il s’arrêtait, la tête vide, les jambes molles, comme un homme ivre : pas un murmure, pas un bruit. Grelottant, il relevait le col de son pardessus, faisait un pas, s’arrêtait pour s’orienter dans la nuit noire, et se mettait en route.

Il marchait lentement, roulant dans sa pensée confuse, l’horreur de son crime et l’effroi du mort étendu, la gorge béante, les paupières ouvertes sur ses prunelles chavirées. Un carrefour désert et sombre s’ouvrait au-devant de ses pas. Harassé, les genoux tremblants, il s’adossait à un mur. Soudain, dans le silence, il croyait entendre un bruit de pas. Il s’arrêtait les muscles ramassés, prêtant l’oreille. Le même