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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/287

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L’ÉPOUVANTE

demande que ce témoin soit entendu immédiatement.

— Telle est bien mon intention, Maître. En vertu de mon pouvoir discrétionnaire, j’ordonne que le témoin invoqué par l’accusé soit amené sur l’heure aux pieds de la Cour. Garde, vous allez vous rendre chez M. Ledoux, 14, rue du Général-Appert, et vous le conduirez ici. L’audience est suspendue.

La déclaration de Coche avait produit une véritable stupeur. Les rares partisans qu’il comptait dans l’auditoire triomphaient ; les autres, sans pouvoir nier l’importance décisive d’un pareil alibi, doutaient encore de sa véracité. Dans le jury surtout, l’étonnement avait été extraordinaire. Après le réquisitoire, le siège des jurés était fait, et c’est à peine s’ils avaient écouté la plaidoirie de l’avocat. Si l’alibi de Coche était reconnu valable, l’accusation s’écroulait, ou du moins recevait un coup terrible. Quant à l’avocat, il disait à son client : « Mais pourquoi n’avoir pas parlé plus tôt », et Coche répondait cette chose invraisemblable, et pourtant vraie :

— Parce que je ne pouvais pas !