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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/285

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L’ÉPOUVANTE

de son avocat, les yeux fixes, les poings serrés, l’oreille et la pensée absentes, il répétait :

« Je veux parler, je le veux, je le veux ! »

L’avocat se rassit au milieu d’un effrayant silence. Par pure courtoisie, Coche se pencha vers lui et le remercia. Mais il n’avait rien entendu de sa défense, défense pitoyable à la vérité mais impossible.

Les débats allaient être clos. Le Président se tourna vers l’accusé et lui dit :

— Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?

Coche se leva, raidi dans un terrible effort, si pâle que l’on crut qu’il allait tomber et que les gardes tendirent les bras vers lui. Mais il les écarta d’un geste, et d’une voix forte, qui fit passer un frisson sur le jury et sur l’assistance, il répondit :

— J’ai à dire, Monsieur le Président, que je suis innocent, et je le prouve. Il prit une large respiration et se tut. L’espace d’une seconde ses yeux devinrent d’une effrayante fixité : il ouvrit la bouche : ceux qui étaient les plus rapprochés de lui, crurent l’entendre murmurer : « Je veux !…