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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/283

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L’ÉPOUVANTE

dit pas une de ses paroles ; sa déposition fut, du reste, courte, et très précise :

— La pendule qu’on m’a donnée à examiner, dit-il, est une pendule d’un modèle ancien, mais au mouvement excellent et en très bon état, je dirai même qu’on n’en trouve plus guère dans le commerce d’aussi solides, d’aussi finies. Les aiguilles étaient arrêtées sur minuit 20, or les pendules de ce genre ne se remontent que tous les huit jours, et celle-ci pouvait encore marcher pendant quarante-huit heures ; elle ne s’est donc pas arrêtée du fait que le ressort était à bout, mais simplement parce qu’elle a été renversée, et que le balancier, couché sur le côté, n’a plus pu fonctionner. Dès qu’elle a été replacée d’aplomb, un léger mouvement d’oscillation a suffi pour la remettre en marche. J’en tire donc cette conclusion que l’heure marquée par les aiguilles est précisément l’heure à laquelle la pendule fut renversée.

— Le crime aurait donc été commis à cette heure-là ? fit distraitement le Président.

L’audition des témoins était terminée. Il y eut une suspension d’audience de quelques mi-