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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/273

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L’ÉPOUVANTE

des injustices, des brutalités, des illégalités. Tout se passait le plus naturellement du monde. Sans être avec lui d’une tendresse exagérée, ses gardiens se montraient humains, plutôt doux, si bien qu’il en arrivait à se demander :

— Qu’est-ce que je pourrai bien écrire en sortant de là ?…

Parfois, il revenait à son objection du début : l’être mystérieux le poussant à s’embarquer dans cette affaire. Alors, la peur le reprenait, la peur de l’inexplicable, de l’inconnu, et il restait tout le jour effondré sur son lit, secoué de frissons si violents que plusieurs fois on lui avait demandé s’il était malade.

Un matin, le médecin était venu, et Coche avait refusé de répondre à ses questions, se bornant à dire :

— Le mal dont je souffre ne saurait être guéri ni soulagé par vous. Je ne suis pas fou, je ne fais pas le fou, je désire seulement qu’on me laisse en repos.

Il ne causait plus à personne, écoutant à peine son avocat, envahi par une tristesse immense, un doute de tous les instants qui se traduisait par