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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/27

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L’ÉPOUVANTE

besoin de tout mon sang-froid ?… pourtant par quel hasard, cette porte n’est-elle pas fermée ? »

La porte avait tourné complètement sur ses gonds. Il voyait le petit jardin aux plates-bandes bien soignées, la terre ratissée avec soin, et le sable blond de l’allée qui semblait d’or sous la caresse de la lune. Une hésitation le gagnait maintenant, si forte qu’il décida de continuer son chemin… Tout cela n’était sans doute qu’un roman. Ces rôdeurs étaient peut-être de braves ouvriers regagnant leur demeure… et que des malandrins avaient attaqués… Qu’avaient-ils dit, en somme, qui pût donner corps à ses soupçons ? Leur allure était louche, leurs visages sinistres ? Mais lui-même, dans la nuit, apparaissant brusquement ainsi, ne serait-il pas effrayant ?…

Le drame se changeait peu à peu en vaudeville. Restait le paquet… Et, s’il ne contenait qu’un vieux réveil et de la ferraille ?…

La nuit est une étrange conseillère. Elle met sur les objets et sur les êtres des ombres fantasmagoriques que le soleil dissipe en un instant. La peur, ouvrier diabolique, transforme tout, bâtit de toutes pièces des histoires, bonnes pour les