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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/262

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L’ÉPOUVANTE

« Voilà le coupable ! »

La conviction du juge était naturelle, en somme. Qu’avait-il pu répliquer… ? Rien ! Il avait crié son innocence : Et puis ? l’accent de la vérité ? Cela se reconnaît à peu près comme « la voix du sang ». C’est quand il dit la vérité qu’un menteur a l’air de mentir. L’angoisse de l’inconnu s’ajoutait à ses craintes. Quelles charges nouvelles le juge allait-il relever contre lui ? Il n’avait su que répondre à des questions dont deux tout au moins étaient prévues : quelle serait son attitude en face d’une accusation qu’il ne soupçonnait pas ? – Nier, nier, contre toute évidence, contre toute vraisemblance : tel devait être son système. Quant à faire naître l’ombre d’un doute dans l’esprit du magistrat, il n’y fallait pas songer. Cependant — et il comptait là-dessus pour faire hésiter l’instruction — quand on en viendrait aux mobiles, il serait invulnérable. L’enquête révélerait qu’il ignorait même l’existence de ce Forget, que personne dans son entourage n’avait entendu parler de lui ; or, on ne pouvait retenir prisonnier un homme au passé irréprochable, alors qu’on était hors d’état d’affirmer :