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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/26

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L’ÉPOUVANTE

Je peux donc franchir ces trois cents mètres sans m’occuper de rien, après quoi j’aviserai. »

Il se mit en marche, sans hâte, se retournant de temps en temps pour juger la distance parcourue. Son pas pouvait être d’environ soixante-quinze centimètres ; il compta quatre cents pas et s’arrêta. À partir de ce moment, il était dans la zone d’action possible. Si le vol avait eu lieu avant l’avenue Henri-Martin, il avait la certitude de découvrir un indice. Il quitta la chaussée, monta sur le trottoir, et suivit la grille de la première maison. Il atteignit ainsi une petite porte fermée. La maison était au fond du jardin ; derrière les volets clos il y avait de la lumière. Il ne s’attarda pas davantage, et poursuivit son chemin. Partout le même calme, nulle trace d’effraction. Il commençait à désespérer de rien découvrir, quand, ayant posé sa main contre une porte, il la sentit céder sous sa pression et s’ouvrir.

Il leva les yeux. La maison était obscure, silencieuse, et ce silence lui parut étrangement profond. Il haussa les épaules et murmura :

« Qu’est-ce que je vais chercher ? Quel mauvais tour me joue mon imagination à l’heure où j’ai