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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/258

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L’ÉPOUVANTE

— Moi non plus, ou plutôt, je ne m’explique que trop…

— Alors, Monsieur le juge, sur un simple indice, vous me croyez coupable ? Voyons, ce n’est pas possible…

— Un simple indice, peste comme vous y allez ! Moi j’appelle cela une charge, et une charge terriblement grave encore. Mais j’en ai d’autres. Que diriez-vous d’une lettre oubliée par vous sur les lieux du crime ? Simple indice encore ?…

— Je ne peux pas avoir oublié de lettre sur les lieux du crime, pour l’excellente raison que je m’y suis rendu, je vous le répète, avec le Commissaire de police, que je n’y suis pas resté plus de trois minutes, et que…

— Approchez-vous. Approchez-vous, Maître. Regardez ces bouts de papier. Placés au hasard, ils ne veulent rien dire, mais dans cet ordre, que voyez-vous ? « Monsieur…ési… 22…ue de… E.V. », ce que je lis, en remplaçant les lettres disparues : « Monsieur Onésime… 22, rue de… E. V. ». Votre prénom, admettez-le, n’est pas si répandu, que je ne puisse, par une simple supposition, le faire suivre de votre nom de famille qui n’y est pas,