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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/253

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L’ÉPOUVANTE

matière, aussi ne fût-ce pas d’une voix aussi assurée qu’il l’eût souhaitée, qu’il répondit :

— Je désirerais avant de vous renseigner sur ce point, savoir pour quel motif je suis ici.

— Vous êtes ici parce que vous avez assassiné M. Forget, boulevard Lannes.

Coche respira. Jusqu’à cette minute, bien que la chose fût invraisemblable, il n’avait pu oublier sa première crainte : « Si j’étais accusé d’un autre crime ? » Il répliqua donc avec un étonnement qu’il avait trop longuement préparé pour bien le jouer :

— Ça, par exemple, c’est plus fort que tout !…

Et après un temps, il ajouta :

— D’autant que si je saisis la nuance, vous ne dites pas que je suis accusé de ce crime, mais bien que j’en suis convaincu ?

— Il y a vraiment plaisir à causer avec vous, fit le juge. Vous comprenez à demi-mot.

— Vous me flattez, en vérité, Monsieur, mais, même pour répondre à votre politesse par une autre, il ne me paraît pas possible de me reconnaître coupable d’un crime que je n’ai pas commis…