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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/251

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L’ÉPOUVANTE

de l’interroger hors de la présence de son avocat, mais il tourne la difficulté en retardant sa comparution devant lui, en ne posant que des questions d’apparence assez simple pour ne pas éveiller ses craintes ; et si, par aventure, le prévenu devinant le piège refuse de parler s’il n’est assisté de son défenseur, il souscrit à sa demande, se réservant de l’interroger dans la suite de telle sorte que l’avocat ne puisse lui être d’aucun secours.

Onésime Coche savait tout cela, et c’est pour en rendre compte avec toute l’exactitude possible, qu’il s’était engagé dans cette affaire.

Or, le juge était un petit homme tout rond, avec une figure replète, et de bons petits yeux qui semblaient rire sous les lunettes. Il fit asseoir le journaliste devant lui et fouilla dans ses dossiers tout en le regardant à la dérobée. Cet examen sournois acheva d’énerver Coche qui se mit à tapoter du bout du doigt sur le bord de son chapeau.

Un homme peut dissimuler sa pensée, mentir avec les yeux, conserver malgré tout un regard et une impassibilité tels que pas un de ses mus-