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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/250

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La légende se plaît à peindre les juges d’instruction avec une face maigre, des lèvres minces, et une lueur menaçante dans les yeux. Au dire de certains, leur regard aurait on ne sait quel pouvoir fascinateur pareil à celui des grands oiseaux de proie ; par définition, le magistrat instructeur est le premier et le plus redoutable ennemi de l’accusé. Il est (malgré que la loi ait voulu garantir les prisonniers contre son caprice, son parti pris, son arbitraire), le maître de leur honneur, de leur liberté, de leur vie. Cynique et retors, il frôle le code, sans jamais le heurter ; il n’a plus le droit de mettre le prévenu au secret,