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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/245

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L’ÉPOUVANTE

l’apparence de la vie, l’apparence de la volonté ?… Alors, s’il lui plaisait, demain, dans une heure, de me faire m’accuser d’un crime que je n’ai pas commis, d’effacer de ma mémoire les détails précis de cette nuit… j’obéirais encore ?

Son exaltation croissait de minute en minute. Il se mettait à écrire nerveusement, consignant les moindres faits de sa vie, les relisant pour s’assurer qu’ils s’enchaînaient logiquement, qu’il retrouvait dans ses notes la trace de sa pensée propre.

De tous temps, il avait redouté le merveilleux. Sans jamais parvenir à n’y pas croire, il n’osait nier l’influence des esprits, leur présence immatérielle dans le monde des vivants, leur intervention dans les événements de l’existence. Bien qu’il ne fût pas spirite, il ne s’était jamais senti le courage de rire devant une table tournante, et chaque fois qu’il avait entendu les coups mystérieux frappés par les pieds, il avait reçu la même commotion violente, et frémi du même doute menaçant.

Tout cela, loin de le pousser à l’aveu spontané de la supercherie, le réduisait à un état de fai-