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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/243

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L’ÉPOUVANTE

sonne ne le lui avait déclaré d’une façon formelle, si bien qu’il se trouvait emprisonné, au secret, sans connaître officiellement la raison de son arrestation. Si pourtant il était accusé d’un autre crime ? Vingt histoires de forçats reconnus innocents dans la suite venaient à son esprit. Il se sentait armé suffisamment pour se défendre contre une accusation dont il avait lui-même établi toutes les bases, mais non contre les charges que le seul hasard pouvait avoir amassées sur lui.

Quand son esprit parvenait à s’affranchir de cette angoisse, une autre question se posait :

Comment avait-il pu être pris aussi vite ? Quelle imprudence avait mis la sûreté sur sa trace ? Qu’avait-on trouvé qui permît de le désigner formellement ? Tout ce qu’il avait placé à dessein dans la chambre du crime, le bouton de manchette aussi bien que les bouts d’enveloppe, était destiné à fortifier, à appuyer des présomptions, mais il ne trouvait rien dans son attitude qui fût capable d’expliquer comment on avait été amené à chercher de son côté.

Il se demandait si, dès la première heure, des