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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/242

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L’ÉPOUVANTE

views uniques qui le classeraient en tête des plus ingénieux parmi les journalistes…

Il se disait cela, plutôt pour se donner du courage que par conviction, conservant, il est vrai, l’espoir de retrouver sa bonne humeur et la lucidité de son esprit après une nuit de repos.

Le lendemain, et le jour qui suivit, il ne vit que ses gardiens. Bien que la solitude lui pesât, il se sentit d’abord moins angoissé qu’il ne l’avait été, lorsqu’il se promenait libre dans Paris.

Tout le jour, il restait étendu sur son lit ; la nuit il dormait assez bien, gêné seulement par la lumière de la lampe électrique placée exactement au-dessus de sa tête. Puis, peu à peu, la surveillance constante dont il était l’objet, l’irrita. Après avoir redouté la solitude, il la souhaita complète. La pensée que tous ses gestes étaient épiés, tous ses mouvements suivis, lui devint odieuse, et un doute, repoussé d’abord, puis, d’heure en heure plus poignant, grandit en lui :

— Pourquoi ? Sur quel indice l’avait-on arrêté ?

Certes, il s’en doutait, mais, jusqu’ici, per-