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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/241

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L’ÉPOUVANTE

ricanait, la cigarette au coin des lèvres, et deux filles qui lui rappelèrent celle qu’il avait vue la nuit sur le boulevard Lannes. Un garde municipal fit défiler devant lui les prisonniers, les compta, puis un par un, les fit monter dans la voiture cellulaire qui stationnait devant la porte. Coche passa le dernier et entendit un des agents dire au garde en le désignant :

— Tâche un peu d’ouvrir l’œil pour celui-là !

Il n’eut qu’un pas à faire pour traverser le trottoir, et, machinalement détourna la tête pour ne pas rencontrer les regards des badauds.

Comme il avait les mains liées, on dut l’aider à monter. On le fit entrer dans le dernier boxe. Il s’assit, les genoux heurtant les planches. La porte se ferma sur lui et la voiture, au trot de ses deux vieux chevaux, se mit en route, dansant sur le pavé.

Cette fois, la grande épreuve commençait. Elle s’annonçait dure, mais quelle joie ce serait pour lui de se jouer des magistrats, de la police ; de les surprendre en flagrant délit d’erreur ou de partialité, et de leur arracher enfin, sans qu’en aucun moment, ils pussent se défier, ces inter-