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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/24

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L’ÉPOUVANTE

Pourquoi ? pour le seul plaisir, sans profit et sans gloire, se faire donner un mauvais coup ? Mais, il n’avait pas fait quatre pas, que son instinct de reporter, de policier amateur, reprit le dessus, et qu’il s’arrêta net :

— « L’estimable trio avec lequel j’ai fait connaissance venait, se dit-il, de faire un mauvais coup. Quel genre de mauvais coup ? Attaque à main armée ? simple cambriolage ?… La blessure de l’un me ferait pencher en faveur de la première hypothèse… mais le paquet volumineux que portait l’autre m’oblige à m’arrêter à la seconde. Des rôdeurs qui dévalisent un passant attardé ne trouvent guère sur lui que de l’argent, voire des titres, des bijoux, dont l’ensemble ne saurait constituer un chargement bien encombrant. L’usage n’a pas encore pénétré dans nos mœurs, de se promener la nuit, avec de l’argenterie, des bibelots. Or, si j’ai bien vu, le paquet renfermait des objets de métal. Pour que je commette une erreur sur ce point, il faudrait que mes oreilles fussent aussi imparfaites que mes yeux, car j’ai distingué un cadran de pendule, et j’ai entendu, lorsque l’homme a déposé son fardeau, un tintement sem-