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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/236

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L’ÉPOUVANTE

passer cette voiture escortée d’agents cyclistes, se joignaient pendant quelques mètres au cortège, criant aussi :

— À mort ! À mort !…

Enfin, à la hauteur de la rue d’Alésia, un encombrement de la chaussée où deux tramways Montrouge-Gare de l’Est arrivaient en sens inverse, permit au cocher de prendre un peu d’avance et de semer les braillards.

Enfoncé dans son coin, Coche n’avait pas ouvert la bouche depuis le départ. Tout au plus avait-il dit un timide merci quand un des inspecteurs avait baissé les stores pour le soustraire à la curiosité du public. Les cris, les menaces de tous ces gens l’avaient d’abord effrayé puis écœuré. Ainsi c’était là ce peuple de Paris, le plus intelligent du monde ? Dans ce pays, berceau de toutes les libertés, dans cette ville d’où s’étaient levées toutes les paroles de justice et de raison, voilà de quelle haine aveugle on entourait un homme dont on ne savait rien que ceci : qu’il était traîné en prison ; voilà de quelles imprécations effroyables on l’accablait, parce qu’une voix, une seule voix, avait crié : « À