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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/235

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L’ÉPOUVANTE

eut un mouvement de honte. Quand la voiture se mit en marche, une voix stridente s’éleva :

— À mort l’assassin ! À mort !

Dans une foule il se trouve toujours quelqu’un pour être au courant de tout. Cette fois encore le secret avait transpiré. Aussitôt, de nouvelles huées partirent en fusée, féroces, haletantes, et un grondement monta menaçant :

— À mort ! À mort !…

En un clin d’œil, la voiture fut entourée des hommes, des femmes, des enfants, accrochés aux ressorts, cramponnés à la tête des chevaux, hurlaient :

— Lâchez-le ! qu’on le tue ! À mort !…

Un inspecteur se pencha vivement à la portière et cria au cocher :

— Qu’est-ce que vous attendez ? Au trot, nom de…

Des agents accourus dégagèrent enfin le fiacre qui s’ébranla parmi les vociférations. Les plus acharnés se mirent à courir derrière, s’essoufflant à clamer :

— À mort ! À la guillotine !…

Les gens qui, sur le pas de leur porte voyaient