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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/232

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L’ÉPOUVANTE

arraché avec une telle violence à son espèce de rêve, que les événements les plus extraordinaires ne parvenaient plus à l’étonner. Peu à peu, avec la notion exacte des choses, le sang-froid lui revint ; il entendit la voix narquoise du Commissaire qui disait :

— Mes compliments, Monsieur Coche !

Et cette voix suffit pour lui rendre le sentiment de la réalité.

Or, par un revirement étrange il éprouva un soulagement réel. Ce qu’il redoutait tant depuis quatre jours s’était produit : il était pris !

Il allait donc pouvoir se reposer et dormir, innocent, le sommeil paisible de ceux qui n’ayant rien à se reprocher, abaissent leurs paupières sur des yeux où nulle vision de crime n’a passé. Enfin et, pour la première fois peut-être, depuis la nuit du 13, il eut la notion exacte qu’il atteignait son but, et que son reportage triomphal commençait. Ses traits se détendirent insensiblement, il prit une respiration large, tranquille, et sourit avec un peu d’ironie méprisante.

Quand on l’eut fouillé des pieds à la tête, et