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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/23

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L’ÉPOUVANTE

— À bas ! ça se lave, ça s’essuie pas ! compris ?

Le trio rentra dans l’ombre, et reprit sa route, rasant les murs, sans un mot, fuyant sur la pointe des pieds. Une branche d’arbre tomba en travers du trottoir sur leurs talons. Ils se retournèrent d’un saut, poings ramassés et tête basse. Coche revit une dernière fois les cheveux roux de la femme, la bouche tordue du petit et l’effroyable face à demi cachée par les linges maculés de sang, après quoi ils se jetèrent de côté, gagnèrent le gazon des fortifications et se perdirent dans la nuit.

Alors Coche qui durant un moment s’était dit : « S’ils m’aperçoivent, je suis un homme mort », respira largement, lâcha son revolver que ses doigts n’avaient cessé de tâter pendant toute la scène, et, sûr d’être bien seul se prit à réfléchir.

Tout d’abord, il songea que son ami Ledoux avait raison, en lui disant que le quartier n’était pas sûr, et il ajouta — formule qu’il avait si souvent écrite à la fin de ses articles :

« La police est bien mal faite. »

Il décida donc de gagner le milieu de la chaussée et de se hâter jusqu’à l’avenue Henri-Martin.