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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/216

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L’ÉPOUVANTE

— Diable, songea Javel, est-ce que par hasard, en venant cette nuit, il aurait fait disparaître la chemise maculée de sang et le bouton de manchette ? Je sais bien que la vieille serait toujours là pour reconnaître celui que nous avons, mais ce serait moins net, et moins brillant surtout…

Il la suivit dans la chambre à coucher, tout en murmurant :

— Qu’est-ce que vous dites là ?… qu’il a changé de linge ici, hier ?…

— Et je suis bien sûre de ce que je dis… Voilà sa chemise de flanelle qu’il ne met que pour le matin ; hier, il n’y avait dans le panier de linge que la chemise de soirée, avec sa tache de sang… là… et son poignet déchiré ici… Quant à l’autre bouton de manchette que j’ai retiré, il est… sur la cheminée… vous voyez que je ne vous mens pas…

On aurait mis entre les mains du policier la plus admirable des pierres précieuses, qu’il l’eût contemplée avec moins de joie, d’amour, que ce bijou sans valeur. Il le tournait, le retournait, et plus il le maniait, plus il le frôlait de ses doigts tremblants, plus son œil s’allumait de plaisir, plus