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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/215

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L’ÉPOUVANTE

femme. Tout ce qu’elle pouvait dire maintenant était sans intérêt, auprès de ces deux déclarations formidables : du sang sur la chemise, et surtout la disparition d’un bouton, dont la description répondait à celle du bouton trouvé dans la chambre du crime !

Mais encore la chose lui semblait si prodigieuse, le hasard avait l’air de tout préparer pour lui avec une telle complaisance, qu’il voulut voir et savoir tout de suite. Aussi, dit-il, feignant l’étonnement :

— Êtes-vous sûre ?…

— Comment si je suis sûre ? Puisque vous connaissiez ses boutons, vous allez juger. J’ai gardé la chemise tout exprès, dans le cas qu’il ne s’en serait pas aperçu, et qu’il aurait cru, que moi, je l’aurais perdu. Je vais vous montrer.

Elle passa dans la chambre à coucher, mais à peine y était-elle entrée, qu’elle s’écria :

— Ah ! ça, par exemple, c’est trop fort ! il est venu depuis hier et il a changé de linge ! L’armoire est toute sens dessus dessous… Tenez, dans le panier, voilà sa chemise de flanelle ; elle n’y était pas hier…