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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/210

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L’ÉPOUVANTE

hôtel. Il sonna, attendit, appuyé contre le mur, que la porte s’ouvrit, demanda une chambre, se jeta tout habillé sur son lit, sans même prendre la précaution de fermer le verrou ni de tourner la clef, et s’effondra dans le sommeil comme on s’effondre dans la mort.

Deux minutes plus tard, le policier qui se souciait peu de finir sa nuit à la belle étoile, sonnait à son tour, et, de l’air le plus naturel du monde, disait au garçon :

— Donnez-moi une chambre a côté de celle de mon ami qui vient d’entrer. Quand il s’éveillera, vous me préviendrez, mais ne lui dites pas que je suis là. Je lui fais une blague…

Il monta l’escalier à pas de loup, et, le garçon sorti, colla son oreille à la muraille. La respiration de Coche était pesante et cadencée. Alors, il s’étendit sur son lit, et, sûr de ne pas le manquer, s’endormit à son tour.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Cette nuit-là, Coche rêva qu’il était dans une prison, et qu’un gardien surveillait son sommeil : la réalité se rapprochait étrangement du rêve. Depuis quelques heures, il avait cessé