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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/205

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L’ÉPOUVANTE

pas, mais Coche tressaillit et repartit, d’un pas plus rapide, dans la direction de l’Observatoire. Le boulevard était désert, et le policier regardait sur le trottoir, sec et tout blanc, fuir l’ombre du journaliste. Cette course vers un but inconnu l’énervait. Il commençait à sentir la fatigue, le froid. Par instants il éprouvait la tentation de sauter sur Coche et de lui mettre la main au collet. Mais, s’il était innocent, quelle faute ! c’était la révocation, le scandale ! Il continuait donc à marcher, les poings serrés, mâchant sa rage. Coche finirait bien par entrer dans une maison, et il lui faudrait encore attendre, jusqu’au jour, par cette nuit glaciale, avec le ventre creux, les pieds gelés et les doigts engourdis. Tout à coup, une voix, derrière lui, fit doucement :

— Bonjour Javel.

Il se retourna et reconnut un collègue de la Sûreté. Du coup, la gaîté lui revint. Il mit un doigt sur ses lèvres, entraîna son camarade par le bras, et lui dit très bas :

— Chut ! méfiance…

— Tu as quelque chose ?

— Oui, là devant nous, à vingt mètres…