Ouvrir le menu principal

Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/187

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
182
L’ÉPOUVANTE

il n’avait pas relevé la coïncidence assez bizarre en somme, le Commissaire ne voulut pas paraître faire cas du soupçon de son agent. Mais, resté seul, il regretta de n’avoir pas fait, lui, la découverte du papier, et de n’avoir pas vu le rapprochement possible. Il n’y attachait encore aucune valeur : quelle vraisemblance que Coche fût mêlé à cette affaire ? Fallait-il, pour une simple concordance de chiffres, échafauder tout un roman ? Il rentra dans son cabinet en se disant :

— Non… c’est absurde…

Mais, si absurde qu’il jugeât la chose, il ne put la chasser de son esprit. Elle restait en lui, et sa pensée y revenait sans cesse. Il prit un dossier, le parcourut. En arrivant au bas de la première page, bien qu’il fût certain d’en avoir lu toutes les lignes, il s’aperçut que les mots n’avaient fait que traverser ses yeux : de leur signification, nul souvenir… À leur place le chiffre 16 dansait devant lui, insensiblement, les traits d’Onésime Coche s’y joignaient, d’abord assez vagues puis tout à fait précis.

Peu à peu, une foule de petits détails se glissaient dans sa mémoire.