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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/182

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L’ÉPOUVANTE

Un petit frisson le secoua. Ses doigts se crispèrent sur les récepteurs, et il se sentit pâlir. Pourquoi le Commissaire insistait-il tellement pour le voir, pour savoir son adresse, sinon afin de… Il n’osa formuler, même mentalement, la fin de sa phrase, mais le mot qu’il redoutait se dressa devant lui, avec une force, une netteté prodigieuses : « M’arrêter ! Je vais être arrêté ».

Le recul n’était plus possible. Il en avait trop fait pour hésiter, même un instant. Les trois journées écoulées avaient fui avec une rapidité si vertigineuse, qu’il n’avait pas senti passer le temps, il lui sembla qu’il allait être pris au piège dans une seconde. Il eut l’espoir que le secrétaire de rédaction ne répondrait pas ; il aurait voulu crier :

— Taisez-vous, ne dites pas mon adresse !

Mais, c’était là se compromettre gravement, car, en somme, s’il voulait bien être arrêté, interrogé, accusé, il tenait à garder le pouvoir de faire s’écrouler d’un seul mot toutes les charges relevées contre lui. Or, comment pourrait-il expliquer ce cri d’angoisse ?…

La voix poursuivit :